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Le TOTEM de Reine F. (2)

Publié le par Reine FAYOLLE

Le TOTEM de Reine :

" Une Ascension Artistique "

 

           Bien assis, afin de tenir bien debout, sur son socle de béton, malgré ses  2 m 15 de haut.

           En fait, pour tout vous dire, un élément de pilier 40X30 avec couvercle, l'ensemble mosaïqué par mes soins : mosaïque faite de tesselles et d'éclats colorés recouvrant de simples carreaux dénichés dans un  surplus de travaux.

 

 

 

 

Eros fait office de contrôleur ....  ( des travaux loin d'être finis oups)
Eros fait office de contrôleur ....  ( des travaux loin d'être finis oups)
Eros fait office de contrôleur ....  ( des travaux loin d'être finis oups)

Eros fait office de contrôleur .... ( des travaux loin d'être finis oups)

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Le TOTEM de REINE F.

Publié le par Reine FAYOLLE

Journal du TOTEM de Reine ...

Chroniques d'un Loup Solitaire ...

 

Mantra du projet

"  Le TOTEM monte, monte, monte, vers l'infini des possibles, portant en lui chaque éclat de couleur

comme une parole " .

le TOTEM monte ...

le TOTEM monte ...

le TOTEM monte, monte ...

le TOTEM monte, monte ...

le TOTEM monte, monte, monte ...

le TOTEM monte, monte, monte ...

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"ÉNEÏR" (5): JE SUIS UNE ERMITE...

Publié le par Reine FAYOLLE

Éneïr, bien que n’engendrant pas la mélancolie, apprécie ce silence monacal, uniquement rompu par les chants d’oiseaux et le murmure de la fontaine, qui « vous ne le devineriez pas ? », d’une matière indéfinie noir, est devenue un joyau irisé, sous les tesselles colorées de notre artiste maison.

Merveilleuse et mystérieuse fontaine solaire vibrant au rythme de l’étoile éblouissante.

Cette dernière accompagnée «  vous ne le devineriez pas non plus » d’un Bouddha assis en méditation, corps Or, Kesa, non pas couleur Orange, comme le veut la tradition, mais d’un beau Rouge Coquelicot, illuminant l’opposé du coin repas, pour en devenir un espace Zen, reposant.

 

 

 

Un tel environnement, n’est apprécié à sa juste valeur que par celui ou celle qui y goûte pleinement, sinon risque de devenir vite ennuyeux.

Éneïr, connait cet état de fait, ne peux quand même pas s’en excuser, un comble, pense que chaque adulte doit être responsable de son bien-être, pour trouver, sinon son ‘bonheur’, vaste sujet, mais un équilibre dans ses occupations sans empiéter sur les plates-bandes des autres, Elle y veille, en faisant des erreurs, évidemment, « Nobody’s perfect » heureusement, parce qu’ils doivent être un peu ‘chiants’ !

Oups, pardon !

 

                                                                          

 

 

 

  • 'Je suis une ‘ermite’ !

Éneïr accepte désormais très peu d’invitations. Oui, Éneïr est peut-être spéciale ? ça ne date pas d’hier.

 D’autres, inspirés par Bizet, la surnommèrent ‘l’Arlésienne’ l’héroïne dont on parle souvent, mais que l’on ne voit jamais. Appelée telle, par ceux qui ne la comprennent pas, Elle aime !

La mode est à la bougeotte, ils ont raison pense-telle, mais pas pour moi.

            Ses charmants voisins ne la croisent pratiquement jamais, en fait, ne la connaissent pas ou si peu, pourtant leur présence lui est agréable et les bruits émanant de leur maison mitoyenne à la sienne, lui plaisent, la reliant au monde extérieur, paradoxalement !

            Éneïr n’a pas toujours été une ermite, surtout en période d’expos, ne rechignant pas pour assurer les gardes, au cours desquelles elle aimait rencontrer les visiteurs, certains ‘collègues’ lui reprochant même son sourire soi-disant ‘racoleur’ à son égard.  Méchanceté ? Jalousie ?

  • Oh ! Éneïr elle vend son sourire ! 

Choquée, même peinée. Éneïr ne jouait pas pour séduire un éventuel acquéreur, ça c’est certain, bien que se connaissant un côté ‘théâtral’ qu’elle affectionne, trait de caractère dont elle sait tenir de sa naissance d’une mère ‘ pas théâtrale du tout’ oupss Mentonnaise, ayant surement un petit ‘chouia’ Italien dans le sang ? Le doute n’étant désormais plus permis, un enfant de la famille, ayant fait pratiquer des recherches ADN poussées, qui en ont attesté.

Éneïr accueillant cette nouvelle avec plaisir, n’investiguera pas plus loin, discrétion oblige !

Elle ne le tient pas, c’est sûr, de son père Lyonnais, qu’elle n’a vu que trois fois dans sa vie et dont la seule lettre qu’elle lui avait envoyée de l’orphelinat lui était revenue « fautes corrigées ». Pas du genre ‘Commedia Del Arte’ ! Comme disait Jésus sur sa Croix :

  • Mon Dieu « pardonnez leur ils ne savent pas ce qu’ils font » !

Du théâtre, les bonnes sœurs lui en ont fait faire pendant (neuf ans) toute son enfance, elle aimait ça, une, parfois deux pièces par année, parlées ou chantées, costumes, décors, mise en scène,  Noël à Lyon et en été à la colonie des Charmeilles, dans le Jura, où il fallait bien les occuper et…. Elles l’étaient !

En été, Éneïr , ainsi que ses camarades d’infortune, jouait, pour les remercier, devant les châtelains du pays, bienfaiteurs de l’internat, devaient paraître bien ridicules, Éneïr y pense souvent mais n’a pas souvenir d’en avoir souffert. Pourtant, la place, quand elle dansa « Elle, petite, ronde à souhait » la Reine des Libellules, en tête de leur cortège, ailes et tutu vert pomme au vent, s’essayant aux pointes en toute légèreté. Gênée ? non, même pas !

Heureuses de montrer leurs talents lorsque toute la colo se déplaçait au château, pour un goûter ‘généreusement offert’ par le  maître des lieux.  Souffrance malgré tout, pointe de jalousie devant ses enfants nantis, choyés, qui, eux, vivaient en ‘famille’ dans un si bel environnement. Douloureux était le retour à la colo. dont les règles étaient moins strictes, observées pendant 9 ans, un bail !,  qu’à la forteresse des bords de Saône, murs 2m50 d’épaisseur, barreaux à presque toutes les fenêtres, oubliettes ( la peur d’Éneïr), dortoir d’une 60 aine de  lits et tout le toutim…

Un train bleu annonçant son passage en contrebas par un klacson vigoureux :  Cri accompagnant la douleur du retour au pensionnat lors des rares sorties. Ce Cri s’estompe lentement depuis peu, il était temps ! Depuis quelques temps le fameux Train Bleu ne roule plus !

Si l’on veut faire de la psycho à 2 balles : actuellement, et depuis plusieurs années, Éneïr, contrairement aux douleurs de son enfance, souffre de  ‘l’angoisse du Départ’  ne quittant son ‘Ermitage’ qu’obligée, raisons de santé, minimum d’achats usuels, de moins en moins, merci internet.

Ermitage tout confort, ne poussons pas quand même, juste ce qu’il faut, Éneïr dit :

  • «  Je ne manque de rien, je suis heureuse »

Ainsi, quitter son refuge, son antre, une blessure incontrôlable, alimentée  par la « bête sur le plexus » et parfois, si l’absence doit durer plusieurs jours, de pleurs. Même si le voyage s’annonce intéressant, agréable, car, en principe, toujours étudié et préparé par la voyageuse, abreuvée de cachets anti-mal des transports, elle ne se retrouvera bien que sur le chemin du retour où la bête, s’échappe  enfin, prend du champ et permet à l’air de circuler librement apportant le soulagement espéré.

Il suffirait, peut-être du thérapie adaptée ? Énéïr n’en veut pas et chante comme Gréco :

  • ‘Je suis comme je suis…’

Psycho à 3 balles, allez ! Soyons généreux !

 

Pour en revenir aux voyages, Éneîr a remarqué que les couples qui partaient le plus loin «  genre ‘les Iles’ » sont les moins heureux ! Identique pour ceux qui se croient obligés de raconter leurs exploits  ‘Estivaux ou hivernaux’ ou de faire visiter leurs acquisitions suivies des travaux, qui cela regarde-t-il ? La famille proche par affection ? OK ! Si non ?

  • Le bonheur est fait de mille choses, à chacun d’y faire son marché !

 

 

Les enfants ressentent les injustices plus que les adultes, qui, parfois, inconsciemment, espérons-le, abusent un peu. Douleurs d’enfance, ne nous y attardons pas.

 Allez ! zou, galinette !

           

                                                                          

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ÉNEÏR (4) : DOUCEUR, PLAISIR, BEAUTÉ, RÉCONFORT...

Publié le par Reine FAYOLLE

 

Sur une modeste table de jardin, accompagnée de deux chaises assorties, toutes trois « mosaïquées », ne cherchons pas, créant ainsi un ensemble coloré, original, d’une simplicité à toute épreuve, se repose un petit Bouddha, rare, rutilant, merveilleux dans sa nonchalance, au départ bien tristounet dont les mille défauts grisonnants s’estompèrent sous le pinceau d’Or, magique !

L’abritant, ainsi qu’un dais, un autre personnage aimé, debout, mains jointes en invitation, placide et majestueux, on le croirait teinté au chalumeau, Éneïr le respecta et l’enjolive régulièrement avec une pure cire d’abeilles, la meilleure et parfumée qui soit.

  • un peu beaucoup  direz-vous ?
  • non, même pas,

Surement acquise lors d’un de ses coutumiers et impérieux élans, faisant face aux trois petits conseilleurs de ‘ la Sagesse’ un magnifique Bouddha assis, 70 cms de haut, mains posées sur ses genoux en méditation, mordoré  Vert et Or, vulgairement parlant Éneïr l’a « chiadé » :

Poncer légèrement la pierre grise, triste, presque moche, mais Éneïr ne s’arrête jamais à l’aspect extérieur des choses et même des gens, puis deux couches de peinture Or, pour ensuite teinter le Kesa, non pas Orange, comme de coutume, un superbe Vert prairie fera l’affaire généreusement. Rompre la tradition lui plait, sauf que, ce Vert trop costaud perça l’harmonie, pour l’atténuer elle essuya son pinceau enduit d’Or, puis, presque sec, en caressa la statue qui prit ainsi une teinte finement mordorée, vibrante, mystique.

Douceur, plaisir, beauté, réconfort !

                                ♪ 

         

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ÉNEÏR (3) : "ON NE BOUGE PAS ..... "

Publié le par Reine FAYOLLE

  • On ne bouge pas !

Éneïr était couchée, la silhouette émergeant de l’entrebâillement de la porte, derrière la tête du lit, lui parut encore plus grande, plus menaçante par la proéminence surgissant du blouson, telle une arme de poing supposée.

Tétanisée, muette dans un premier temps, Éneïr s’assit tant bien que mal, Louis tiré de son sommeil sursauta et demanda tout de go :

  • Que voulez-vous ? C’est de l’argent que vous voulez ? Nous n’en n’avons pas !

Éneïr ressaisie,  se tourna et proposa :

  • Et un café ? un bon café vous ferait peut-être plaisir ?

A l’instant même, encore surprise par sa demande spontanée, venue d’on ne sait d’où, à l’instant même donc, elle vit l’homme, grand enfant d’une vingtaine d’années, fondre littéralement et répondre :

  • Oh ! oui, j’aimerai bien.
  • Alors passez –moi ma robe de chambre,

indiquant le vêtement allongé au pied du lit, vêtement porté à cette époque, années 80 sur chemise de nuit ou pyjama pour vaquer tranquille en toute modestie à la maison.

            L’homme s’exécuta docilement et Éneïr vêtue plus dignement, mais elle n’en était pas à ces considérations, gagna la cuisine flanquée de l’inconnu redevenu menaçant, comme si de rien n’était, l’invita à s’assoir à la table et se servir de gâteaux restés là de la veille, un anniversaire ayant eu lieu, un désordre indescriptible régnait dans la pièce, bienheureux désordre !

L’arme supposée, car ils ne l’ont jamais vue, pointait toujours sous le blouson ? Louis réitéra sa demande :

  • C’est de l’argent que vous voulez ?
  • Non, de l’argent j’en ai

et sortit de sa poche des liasses de billets, les jeta sur la table en disant :

  • prenez, je vous les donne, je vois que vous n’êtes pas riches, heureusement pour vous…

Vous avez de la chance…

  • Reprends ton argent, nous n‘en voulons pas et toi tu en auras besoin.

Merci le désordre ! 

Éneïr et Louis ne comprirent pas trop la dernière affirmation, ou n’osèrent pas comprendre, enfin : heureusement qu’ils n’étaient pas riches ! Ce qui était la vérité plus vraie que vraie !

Toujours dans un état, que plus tard , elle supposa « second » Éneïr le servit généreusement puis demanda en le tutoyant :

  • Que t’ai-t-il arrivé, d’où viens-tu ?
  • J’ai fait une bêtise, une très grosse bêtise, et là je viens de m’évader du palais de justice en passant par les toits et les greniers, je me suis retrouvé face à la fenêtre d’un palier donnant dans votre cuisine et sans réfléchir j’ai sauté.

«  Environ quinze mètres de haut » sans filet, bravo !

  • Mais la chienne n’a rien dit ?
  • Les chiens, pas de problèmes pour moi, j’en fais toujours mon affaire !
  •  ? Ah bon ?

Fit Louis interloqué, qui n’osa demander les détails sur cette affirmation. Tout bien réfléchi : ‘ heureusement que la chienne soit restée muette’, frayeur rétrospective.

  • Et maintenant que comptes-tu faire ?
  • Je veux aller chez ma grand-mère en banlieue, au fait, il est quelle heure ?
  • deux heures, la ville est tranquille tu vas pouvoir y aller,

fit Éneïr en une supplique retenue…

  • Alors je vais partir,

dit-il, en rassemblant les liasses éparpillées sur la table.

Le couloir d’entrée parut bien long, porte ouverte sans fracas, puis les escaliers avalèrent la silhouette pressée qui disparut provoquant un soulagement, guettée ensuite par la fenêtre cent quatre marches libératrices plus haut, puis, réapparut sur l’avenue, coup d’œil furtif partout et s’évanouit au loin face à son destin, pauvre grand-mère ! Quelle tristesse, quelle misère, pensa Éneïr qui vécut là la peur de sa vie. Le choc ayant été surement très violent Éneïr n’a aucun souvenir des quelques heures qui suivirent le cliquetis des clés  dans la serrure apportant la paix bienfaitrice.

Les amis, toujours de bon conseil :

  • Louis tu aurais dû appeler la police.
  • Nous ne sommes pas des donneurs et puis, nous sommes vivants, c’est l’essentiel.

L’essentiel, effectivement,  n’était-il pas là ? Un cauchemar éveillée, maîtrisé grâce à un breuvage qu’elle bénit encore tous les jours. Depuis, elle n’a plus peur de rien, un fantôme et encore ? Et puis il n’y a pas de méchant fantôme, une bête fauve ? Mais, en France ?              

                                                                        

 

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ÉNEÏR (2 )" MA PEINTURE FAIT PARTIE DE MON ÊTRE..;"

Publié le par Reine FAYOLLE

Deux ou trois fois au cours de mes expos je  fus  invitée  par  des  pseudos-amateurs  de mes œuvres, à des soirées annoncées ou non « coquines », je ne m’y rendis jamais, tenant 
mon  Art  avec  fierté,  supérieurement  beau ! 
Au  contraire,  impression  surement  naïve, ma  peinture  faisant  partie  de  mes  tripes,  je 
la  trouvais  abimée,  presque  salie  d’être  un prétexte à de telles propositions. 
Instantanément, les proposants perdaient de  mon  estime  et  je  les  effaçais  même  de 
mon listing, c’est idiot, je le reconnais, mais 
c’est comme ça. 

Peindre  « érotique »  m’effleura  plusieurs fois,  mais  pour  la  beauté,  l’Art  pur,  je  me 
suis  vite  rendu  compte  que  je  n’arriverai jamais  à  la  cheville  de  nos  Maîtres  Anciens 
et  Contemporains  que  j’admire.  Courbet, Egon  Schiele,  entre  autres,  je  me  suis  donc 
abstenue. 
Vendre ma peinture pour vivre, d’accord, mais  pas  à  certaines  conditions,  de  toute 
façon  les  « Vrais  Amoureux  de  mes oeuvres »  ne  m’ont  jamais  proposé  que  des 
soirées culturellement gastronomiques et là, j’étais d’accord, ma balance aussi…

Heureux temps ! 


Alors, me direz-vous : l’un n’empêche pas l’autre ! 
     -  D’accord,  mais  moi  « je  n’ai  pas   su » 
simple  constatation,  sans  regret,  sans  rien, 

comme  ça,  pensée  inutile !

 Les  années s’égrenant affinèrent elles ma réflexion ? Pas sûr ? 
                                                           ♫ 

ÉNEÏR 

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Éneïr : (1) - Bonjour Madame l’Artiste

Publié le par Reine FAYOLLE

  • Bonjour Madame l’Artiste, vous êtes bien matinale !

Le jeune homme est magnifique, gracieux, poli.

  • Bonjour, mais appelez-moi Éneïr c’est mon prénom.
  • Alors Éneïr déjà au travail ? Votre esquisse est bien avancée, pas facile la perspective représentant    deux rues partant de cette petite place jusqu’à l’église Saint Gaétan là-bas ?
  • Pas facile effectivement, mais j’aime ça, c’est un peu ma marque de fabrique et vous n’avez encore rien vu, si vous êtes par- là, revenez en fin d’après-midi, vous verrez la somme de mon travail de la journée.

Éneïr flattée, dialoguait parfaitement à l’aise avec l’inconnu bien que ce ne soit pas son habitude, seulement, lorsqu’elle était devant, avec, dirait-on, son chevalet, se sentant pleinement Artiste, sa fierté était décuplée, elle devenait une autre, nullement gênée par sa tenue modeste : un manteau gris déjà vieillot ne craignant plus les taches de peinture, des sandales décolletées malgré la faible température extérieure.

Une rare photo d’elle dans cette tenue, vestige des années soixante-quinze, la fait immanquablement sourire : « Je faisais pauvre et pourtant j’étais fière, heureuse sur ce bout de trottoir, mon matériel à même le sol, accompagnée d’un petit siège pliant de pêcheur ».

  • Je ne manquerai pas de venir voir, dit le jeune admirateur, je travaille juste en face, voyez la devanture verte ?
  • Oui
  • Vous ne connaissez pas «  L’Infidèle » ? Nous sommes ouverts à partir de dix-huit heures trente jusqu’à l’aube.
  •  Ah ! bon ! Vous savez moi, la nuit, je dors ! Mais vous êtes déjà debout ?
  • Exceptionnellement, nous attendons des ouvriers car nous repensons toute la déco, au fait, vous aimeriez peut-être voir l’intérieur, vous savez, pour une artiste, c’est intéressant ?
  • Ah oui ! Avec plaisir !
  • Alors, si vous le pouvez, accompagnez-moi, ok ? Juste quelques minutes ?

Éneïr rangea sommairement son « matos » en le plaquant contre un mur légèrement crasseux mais, nous sommes dans le Vieux-Lyon non encore restauré, ce qui faisait son charme, donnait des verts moussus et de merveilleux gris colorés dans les tableaux d’Éneïr  qui suivit son interlocuteur, savourant sa nouvelle attitude, consciente de changer, de prendre de l’assurance, grandir, en somme.

Aussitôt franchis les premiers mètres d’un couloir très sombre, des lumières vives firent apparaître des silhouettes d’hommes et de femmes nus dans des situations érotiques, Éneïr ouvre grand les yeux :

  • C’est beau, je suis surprise, j’aime beaucoup !
  • Attendez, vous n’avez pas tout vu.

Le jeune homme, toujours très sympathique, limite déférent, apparemment fier de  faire découvrir cet univers à la visiteuse qui manifestait curiosité et décontraction,  poussa l’une après l’autre les portes  décorées de couples de toutes sortes, trouples et même plus… Divans, objets divers, loups sublimes, rideaux de satin noir, rouge, effluves entêtantes, sautèrent au visage d’Éneïr qui ne manifesta aucune surprise, bien au contraire, car elle se rappela soudain  qu’une amie « conseillère à ses heures » pour ça on en trouve toujours, lui avait dit :

  • Ne paraît jamais trop surprise, joue la « blasée » tu en seras mieux considérée.

Sur le coup elle  trouva le conseil, limite idiot, pourquoi jouer la blasée lorsqu’on est  inculte en la matière ? Mais dans le cas présent elle aima « jouer » non pas l’ « initiée »la « blasée » ce qui aurait parût un peu fort, en tous cas, la moins « bête » moins « naïve », petite fierté personnelle qui la rassura, comme quoi un conseil « idiot » peut aider à avancer, pas mal, non ?

Sauf une certaine gêne par l’odeur ambiante de renfermé, de moisi ( habituelle dans tous les rez-de-chaussée du quartier) de fragrances bizarres, elle aimait ce qu’elle voyait.

  • Voilà ! La visite est terminée.
  • Oh ! super ! j’ai adoré votre déco dommage d’en changer,
  • Oui, mais les clients s’habituent, il faut toujours les surprendre, c’est le bizness.
  • Je comprends
  • Vous savez Éneïr, si ça vous fait plaisir, je vous invite ce soir, venez, je vous attends.
  • C’est gentil mais je n’ai pas l’habitude des soirées coquines.

Échangistes, elle ne connaissait même pas ce mot, ces pratiques sexuelles, elle qui, à quinze ans, sortant de chez les « frangines » croyait que les hommes avaient leurs règles, les rapports sexuels uniquement pratiqués pour faire les enfants, la sodomie, n’en parlons même pas et que les amants n’existaient que dans les romans…   (la honte !)

 Ne vous moquez pas, c’est plus triste que drôle, merci !

  • Naturellement vous ne serez pas obligée de participer, vous regarderez, c’est super à voir et puis, on ne sait jamais ?
  • OK ! Oula, le temps passe vite, il faut que j’aille retrouver mon chevalet. Merci beaucoup pour la visite c’était vraiment chouette !
  • Bon courage Artiste et surtout beaucoup de succès, ça ne doit pas être facile tous les jours ; A ce soir peut-être ?

Éblouie par la lumière du jour, humant l’air qui lui parut frais, presque pur, de la vieille ville, Éneïr un peu sonnée, limite troublée par toutes ces visions, reprit la perspective dans sa toile qui lui parut bien terne.

  • Suis-je vraiment trop sage pour devenir une grande Artiste ?
  • Ces corps, ces couleurs étaient magnifiques !

Invitée simplement pour voir « m’assoir dans un coin et regarder, ça va pas non ? Les décors, les peintures érotiques ornant murs, plafonds etc. Je m’en régale, mais le reste ? Baiser pour baiser, sucer, recevoir des sexes inconnus, non merci, le voyeurisme : deux minutes et puis « basta » ! L’Infidèle attendra, je ne suis pas prête. Dommage ?

-     Tu as été imprudente quand même, dans ce décor incitateur tu risquais, peut-être pas une agression, mais, au minimum, devoir te défendre contre une impulsion euh…

D’aussi loin que je puisse m’en souvenir, les faits remontant aux années soixante-douze/quinze, aucune crainte ne m’effleura, n’ayant eu, il faut bien le dire, jamais l’occasion de me défendre face à ce genre de situation, j’affichais donc, une assurance non étudiée mais, après réflexion, surement désarmante envers une personne ayant des intentions sinon malveillantes, du moins, insistantes et désagréables.

Il faut dire que quelques semaines auparavant Éneïr avait vécu « la peur de sa vie » dérangée dans son sommeil par un homme armé.

Depuis cet évènement elle à l’impression de n’avoir plus peur de rien,  qui perdure encore aujourd’hui.

Avec l’âge, la prudence exacerbée tétanise et empêche d’avancer. Il faut alors pratiquer la « prudence » avec « prudence », mais, arrêtons là, c’est plus « prudent » !

 

                                                                                          

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ÉNEÏR...... Roman

Publié le par Reine FAYOLLE

ÉNEÏR...... Roman

Au nom de la grande amitié qui les lie, Reine Fayolle,

biographe officielle d’Éneïr, déclarée telle par la volonté

de  l’ héroïne, se devait de relater dans ce roman

certains évènements dont elle fut la spectatrice

privilégiée.  N’hésitant pas pour prêter sa plume à Éneïr,

qui se fait un malin plaisir à fantasmer, ici, certaines

situations, que Reine cautionne volontiers ! Ainsi,

le lecteur découvrira mille facettes de la vie, pas toujours

tranquille d’Éneïr, dans un propos enlevé,  émaillé de

philosophie, parfois coquin, toujours agréable !

Le texte de Reine Fayolle nous offre cette chance,

Saisissons-la !

                                                                         

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Partons pour : VENISE

Publié le par Reine FAYOLLE

Partons pour : VENISE
Partons pour : VENISE

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et si je vous contais: Venise !

Publié le par Reine FAYOLLE

Venise à la bâche écarlate

Venise à la bâche écarlate

Gondolier t'en souviens-tu ?

Gondolier t'en souviens-tu ?

Venise au petit pont

Venise au petit pont

Chers Belines et Belins,

en attendant l'invitation au vernissage de la prochaine exposition :

VENISE 

Galerie St. Paul le 28 mars prochain.

 

J'espère vous y rencontrer devant le buffet dinatoire fêtant les 30 ans de la Galerie, moment de partage et d'amitié dans une ambiance vénitienne et surtout culturelle.

 

A très vite mes Belines et Belins.

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