Éneïr, bien que n’engendrant pas la mélancolie, apprécie ce silence monacal, uniquement rompu par les chants d’oiseaux et le murmure de la fontaine, qui « vous ne le devineriez pas ? », d’une matière indéfinie noir, est devenue un joyau irisé, sous les tesselles colorées de notre artiste maison.
Merveilleuse et mystérieuse fontaine solaire vibrant au rythme de l’étoile éblouissante. ♥
Cette dernière accompagnée « vous ne le devineriez pas non plus » d’un Bouddha assis en méditation, corps Or, Kesa, non pas couleur Orange, comme le veut la tradition, mais d’un beau Rouge Coquelicot, illuminant l’opposé du coin repas, pour en devenir un espace Zen, reposant.
Un tel environnement, n’est apprécié à sa juste valeur que par celui ou celle qui y goûte pleinement, sinon risque de devenir vite ennuyeux.
Éneïr, connait cet état de fait, ne peux quand même pas s’en excuser, un comble, pense que chaque adulte doit être responsable de son bien-être, pour trouver, sinon son ‘bonheur’, vaste sujet, mais un équilibre dans ses occupations sans empiéter sur les plates-bandes des autres, Elle y veille, en faisant des erreurs, évidemment, « Nobody’s perfect » heureusement, parce qu’ils doivent être un peu ‘chiants’ ! ♠
Oups, pardon !
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Éneïr accepte désormais très peu d’invitations. Oui, Éneïr est peut-être spéciale ? ça ne date pas d’hier.
D’autres, inspirés par Bizet, la surnommèrent ‘l’Arlésienne’ l’héroïne dont on parle souvent, mais que l’on ne voit jamais. Appelée telle, par ceux qui ne la comprennent pas, Elle aime !
La mode est à la bougeotte, ils ont raison pense-telle, mais pas pour moi.
Ses charmants voisins ne la croisent pratiquement jamais, en fait, ne la connaissent pas ou si peu, pourtant leur présence lui est agréable et les bruits émanant de leur maison mitoyenne à la sienne, lui plaisent, la reliant au monde extérieur, paradoxalement !
Éneïr n’a pas toujours été une ermite, surtout en période d’expos, ne rechignant pas pour assurer les gardes, au cours desquelles elle aimait rencontrer les visiteurs, certains ‘collègues’ lui reprochant même son sourire soi-disant ‘racoleur’ à son égard. Méchanceté ? Jalousie ?
- Oh ! Éneïr elle vend son sourire !
Choquée, même peinée. Éneïr ne jouait pas pour séduire un éventuel acquéreur, ça c’est certain, bien que se connaissant un côté ‘théâtral’ qu’elle affectionne, trait de caractère dont elle sait tenir de sa naissance d’une mère ‘ pas théâtrale du tout’ oupss Mentonnaise, ayant surement un petit ‘chouia’ Italien dans le sang ? Le doute n’étant désormais plus permis, un enfant de la famille, ayant fait pratiquer des recherches ADN poussées, qui en ont attesté.
Éneïr accueillant cette nouvelle avec plaisir, n’investiguera pas plus loin, discrétion oblige !
Elle ne le tient pas, c’est sûr, de son père Lyonnais, qu’elle n’a vu que trois fois dans sa vie et dont la seule lettre qu’elle lui avait envoyée de l’orphelinat lui était revenue « fautes corrigées ». Pas du genre ‘Commedia Del Arte’ ! Comme disait Jésus sur sa Croix :
- Mon Dieu « pardonnez leur ils ne savent pas ce qu’ils font » !
Du théâtre, les bonnes sœurs lui en ont fait faire pendant (neuf ans) toute son enfance, elle aimait ça, une, parfois deux pièces par année, parlées ou chantées, costumes, décors, mise en scène, Noël à Lyon et en été à la colonie des Charmeilles, dans le Jura, où il fallait bien les occuper et…. Elles l’étaient !
En été, Éneïr , ainsi que ses camarades d’infortune, jouait, pour les remercier, devant les châtelains du pays, bienfaiteurs de l’internat, devaient paraître bien ridicules, Éneïr y pense souvent mais n’a pas souvenir d’en avoir souffert. Pourtant, la place, quand elle dansa « Elle, petite, ronde à souhait » la Reine des Libellules, en tête de leur cortège, ailes et tutu vert pomme au vent, s’essayant aux pointes en toute légèreté. Gênée ? non, même pas !
Heureuses de montrer leurs talents lorsque toute la colo se déplaçait au château, pour un goûter ‘généreusement offert’ par le maître des lieux. Souffrance malgré tout, pointe de jalousie devant ses enfants nantis, choyés, qui, eux, vivaient en ‘famille’ dans un si bel environnement. Douloureux était le retour à la colo. dont les règles étaient moins strictes, observées pendant 9 ans, un bail !, qu’à la forteresse des bords de Saône, murs 2m50 d’épaisseur, barreaux à presque toutes les fenêtres, oubliettes ( la peur d’Éneïr), dortoir d’une 60 aine de lits et tout le toutim…
Un train bleu annonçant son passage en contrebas par un klacson vigoureux : Cri accompagnant la douleur du retour au pensionnat lors des rares sorties. Ce Cri s’estompe lentement depuis peu, il était temps ! Depuis quelques temps le fameux Train Bleu ne roule plus !
Si l’on veut faire de la psycho à 2 balles : actuellement, et depuis plusieurs années, Éneïr, contrairement aux douleurs de son enfance, souffre de ‘l’angoisse du Départ’ ne quittant son ‘Ermitage’ qu’obligée, raisons de santé, minimum d’achats usuels, de moins en moins, merci internet.
Ermitage tout confort, ne poussons pas quand même, juste ce qu’il faut, Éneïr dit :
- « Je ne manque de rien, je suis heureuse »
Ainsi, quitter son refuge, son antre, une blessure incontrôlable, alimentée par la « bête sur le plexus » et parfois, si l’absence doit durer plusieurs jours, de pleurs. Même si le voyage s’annonce intéressant, agréable, car, en principe, toujours étudié et préparé par la voyageuse, abreuvée de cachets anti-mal des transports, elle ne se retrouvera bien que sur le chemin du retour où la bête, s’échappe enfin, prend du champ et permet à l’air de circuler librement apportant le soulagement espéré.
Il suffirait, peut-être du thérapie adaptée ? Énéïr n’en veut pas et chante comme Gréco :
Psycho à 3 balles, allez ! Soyons généreux !
Pour en revenir aux voyages, Éneîr a remarqué que les couples qui partaient le plus loin « genre ‘les Iles’ » sont les moins heureux ! Identique pour ceux qui se croient obligés de raconter leurs exploits ‘Estivaux ou hivernaux’ ou de faire visiter leurs acquisitions suivies des travaux, qui cela regarde-t-il ? La famille proche par affection ? OK ! Si non ?
- Le bonheur est fait de mille choses, à chacun d’y faire son marché !
Les enfants ressentent les injustices plus que les adultes, qui, parfois, inconsciemment, espérons-le, abusent un peu. Douleurs d’enfance, ne nous y attardons pas.
Allez ! zou, galinette !
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